Ce matin, 28 personnes se sont érigées juges à la place des juges. 28 « bien-pensants », bien assis, ont eu l'hypocrisie d’admettre qu'un travail a bien été effectué, mais ont condamné ceux qui ont permis qu’il soit réalisé.
Parmi eux, certains avaient demandé, bénéficié, approuvé ou validé les conventions établies sous le contrôle préalable de l'Etat , sur la mise à disposition des personnes ce matin « condamnées ». D’autre encore avaient voté, sans fusil sur la tempe, le statut de 2004 qui vient préciser la régularité de ce qui était déjà présent dans celui de 1996, mais de façon jugée trop générale.
En tête de ce cortège de censeurs, l'encore Président Tong Sang, épinglé conjointement avec l'Etat, en 2002 par la CTC en tant que Président du SPCPF... Plus de deux milliards ont ainsi été supportés indûment par le SPCPF, en lieu et place de l'ETAT... Mais là, bien-sûr, les bien-pensants ne jugent pas, ne pensent pas : ils se taisent et acquiescent ...
C'est donc en parfaits échos à la voix de leur maître que 28 « juges » sont venus participer au sacrifice demandé par les nouveaux dirigeants de l'Etat. 28 pions croyant faire acte de politique en se prêtant à un simulacre de consultation. Car qui peut encore croire que l'avis de l'APF intéresse l'Etat quand il ne vibre pas à l'unisson de sa nouvelle ritournelle ? 44 sur 57 « contre » le statut Estrosi ... 57 sur 57 « contre » la fermeture des archives nucléaires ... Unanimité encore sur la défense de l'ITR ... Autant se soulager dans un Cimbalom !
Mais que ne feraient pas To tatou ai'a et l'encore Président Tong Sang pour plaire à Paris ? Qui plus est si cela permet de détourner l'attention de la population des vrais problèmes.
Entendre la sentinelle Bouissou parler de « tourner la page », alors qu'avec GTS il contribue à l'écriture d'une véritable encyclopédie des déviances politiques est triste. Entendre Schyle disserter sur l'utilité publique alors qu'il revient d'une semaine de démonstration d'inutilité chiffrée en millions, sur le sol calédonien est pathétique.
Mais le plus choquant c'est d'entendre le porte parole de To tatou ai'a contredire son encore Président sans sourciller. Que n'avons-nous pas entendu GTS pendant les Sénatoriales répéter à l'envi qu'il n'y avait pas de « polynésiens des communes », de « polynésiens de l'Etat », et de « polynésiens du gouvernement local », mais uniquement des Polynésiens avec des besoins concrets ?
Et qu'avons-nous entendus ce matin de la bouche de Jean-Christophe Bouissou ? Il y aurait une « utilité publique des communes » et une autre « utilité publique du Pays » ... Par cette pirouette contradictoire, la Sentinelle reconnaît l'une mais conteste l'autre, oubliant au passage ce « Polynésien unique » cher à l'encore Président Tong Sang !
Ce matin, face à 28 « juges d'opérette », qu'on ne s'y trompe pas : l'UDSP avait une position commune. Celle qui consiste à refuser l'instrumentalisation de la classe politique locale. Celle qui consiste à dénoncer un simulacre de consultation alors que les dés de l'Etat sont déjà jetés...
Et si pour certains d'entre nous, cette dénonciation passait par un vote « pour », alors que pour d'autres, elle trouvait sa logique dans un refus de vote, c'est bel et bien d'une même voix que nous disons NON à ceux qui se réfugient derrière le petit doigt de leur morale, le confort de leur bien-pensance et de leur alignement avec un centre décisionnel bien éloigné du coeur des Polynésiens, à 20000 kms de notre fenua. Nous sommes des Polynésiens debout, pas des pantins.
Pour les représentants UDSP de l’APF
Le président du groupe,
JACQUI DROLLET.
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