Lundi 15 septembre 2008 1 15 09 2008 23:45

Trop tôt ou trop tard ?

Une certaine presse s’émeut que cette conférence ne se tienne qu’aujourd’hui, soit 6 jours après la démission fracassante de Moana Blanchard. Aurait-elle voulu que nous agissions en vautours affamés de sensationnel ? Nous laisserons cette presse à sa propre voracité.

Cette conférence de presse ne porte pas sur Moana Blanchard, et se serait tenue même si ce dernier n’avait pas démissionné. Nous saluons tout de même la clairvoyance de M. Blanchard et, disons-le, son courage puisqu’il a jugé bon de démissionner plutôt que de cautionner un dossier pour le moins nébuleux.

Ce n’est donc, ni la presse, ni l’approche des Sénatoriales qui fixe le tempo de cette conférence. Ce n’est pas nous qui avons décidé de la date de démission de M. Blanchard, et encore moins des dates d’acquisition de ce terrain. Au cas où la presse l’aurait oublié, c’est encore To tatou ai’a qui « gère » les affaires du pays.

 

Quelques rappels

·        Nous sommes ici pour vous donner notre point de vue sur l’acquisition par l’OPT, de la terre Pano’o – aruru, sise à Hiti’a, en bord de mer, juste en face de la mairie par son nouveau PCA, sur injonction du ministre de l’économie numérique. Contrairement à ce qu’a affirmé le nouveau PCA, le CA ne s’est pas prononcé par « 6 voix Pour », mais bien « 5 Pour, 2 Contre, 1 abstention et un non vote»

·        En tant que maire délégué de Hitia’a, j’ai refusé de prendre part à un quelconque vote sur ce dossier, car je n’admets pas qu’on soit juge et partie. La procuration donnée à M. Puchon pour le CA du 22 août précisait explicitement ma non-participation sur ce dossier particulier.

Hitia’a, futur « Silicon Valley » ?

Vous me direz, « Pourquoi ne pas avoir voté CONTRE, plutôt que de ne pas voter » ?

La réponse est simple, sur le principe, je suis POUR. En tant que maire-délégué de Hitia’a, comment pourrais-je être contre le rééquilibrage Ouest-Est des infrastructures ? En tant qu’ancien ministre ayant « baptisé » Honotua, comment pourrais-je être contre l’établissement d’un techno-pôle autour de ce câble, dans ma commune ? La Silicon Valley à Hitia’a ? Je suis à 300% POUR.

Je n’ai donc pas participé aux différents votes par souci d’ éthique. Et avec un peu de recul, je ne peux que me féliciter, car, au final, l’achat de Pano’o aruru est, comme nous allons le voir, sujet à de multiples cautions et interrogations ; mais, surtout, est totalement INUTILE et CONTRE-PRODUCTIF …


 

« Pano’o  aruru », un dossier qui sent le fafaru

Pano’o aruru est un terrain que je connais bien.

Une propriété contestée dès le départ

Cela n’apparait dans aucune des « études » et « notes » examinées par l’OPT, mais il y a une revendication foncière pendante sur la propriété même du terrain par son vendeur initial, M. Neti Reid, que tout le monde connaît mieux sous le surnom de « Fareroi ». Le point de départ du dossier est donc déjà loin d’être rassurant.

Un vendeur propriétaire sans avoir payé

Neti Reid vend donc « son » terrain à une SCI, Le Flamboyant qui elle-même revend ses parts sociales à Edwin Teraiharoa, parfois connu comme Edwin Turi, ou encore Edwin Macé, c’est selon …

C’est donc Edwin « X » qui vend aujourd’hui à l’OPT ce terrain acquis en 2005. Oui, mais voilà, jusqu’au dernier, Edwin Teraiharoa n’était pas vraiment propriétaire, et en tout cas pas autorisé à vendre, puisqu’il n’avait toujours pas payé les consorts LAINE et CHANGUES, fondateurs de la SCI « Le Flamboyant »…

Une spéculation immobilière néfaste

1.    Pano’o aruru a été vendu 120.625.000 f cfp à la SCI « Le flamboyant », en décembre 2003, par Neti Reid.

2.    Il est « racheté » par Edwin « X » en juillet 2005 pour 155.000.000, soit une plus-value de 34.375.000 sur 18 mois, soit à peu près 23 millions par an.


 

3.    Lorsque l’OPT examine la proposition de vente, le 30 juin 2008, M. Edwin « X » n’est toujours pas autorisé à vendre, puisqu’une sanction du TPI de Papeete a procédé à une inscription hypothécaire judiciaire pour non paiement du prix de vente.

4.    Le prix proposé par Edwin « X » fait un bond formidable, puisqu’il passe à 487.175.000 f cfp. En appliquant le ratio de +23 millions par an, on aurait pourtant pu espérer passer de 155.000.000 (en juillet 2005), à 224 millions f cfp fin juin 2008. Au lieu de cela, on passe à plus du double …

5.    Une fois le prix ramené au m2, ça fait plus cher qu’à Mahina, Arue, et même Pirae …

6.    On est en droit de se demander quel impact cette spéculation aura sur la commune. A combien le m2, un jeune couple désireux de s’établir chez nous devra-t-il dorénavant se plier, après la « jurisprudence OPT-Edwin X » ?

 

Pano’o Aruru, une « solution » qui cherche son « problème »

Alors, bien sûr, pour justifier l’achat, et le prix, on pare ce terrain de toutes les vertus, y compris celles qu’il n’a pas … Ainsi, les fameux « experts » qui ont calculé ce « juste prix » annoncent-ils que le terrain est protégé des « vents dominants du Nord » … Les écoliers du Primaire à Hitia’a en rigolent encore … Car eux savent bien que les vents dominants chez nous, viennent … du SUD !

Mais le plus troublant est ailleurs.


 

Quelqu’un de sage a dit « Si tu ne sais pas où tu vas, tu ne risques pas d’y arriver » …

Le techno-pôle de Puchon-Tatarata-Edwin X, c’est malheureusement tout à fait ça.

Car voyez-vous, lorsque j’ai pris connaissance de ce projet d’acquisition, hors ordre du jour normal, le 3 juillet 2008, j’ai longtemps cherché l’annexe au dossier intitulé « cahier des charges du futur techno-pôle ».

A ce jour, je dois vous l’avouer, je cherche encore …

Dans la mesure où l’OPT ne sait pas de quoi sera fait ce techno-pôle, et à quelles contraintes précises le foncier sur lequel il s’appuie doit répondre, à moins d’être madame Soleil, je ne vois pas comment Puchon et Tatarata peuvent être convaincus que Pano’o aruru conviendra.

A moins que la démarche soit inversée. Vous savez ce qu’on dit : « quand vous avez un marteau, tout finit par ressembler à un clou »… Donc, en fait, ici, on risque d’établir le cahier des charges EN FONCTION du foncier acquis … C’est l’œuf ou la poule version To tatou ai’a …

Des doutes sur la marchandise

Quelque soit le résultat de cette ponte improbable, d’autres perturbations sont à prévoir, un peu comme les interférences solaires qui perturbent l’ADSL ou TNS ces jours-çi …

·        Tout d’abord, il faut savoir que, bien que n’ayant pas payé son achat, Edwin « X » ne s’est pas privé de l’exploiter. Ainsi, pendant 1 an, il a extrait des milliers de mètre-cube de sable et gravier de Pano’o aruru, creusant jusqu’au « papa », laissant un cratère profond de plusieurs mètres … Il a ensuite rasé une colline toujours à Hitia’a, peut-être avec les autorisations nécessaires, pour remblayer le tout.

·        C’est donc sur un remblai d’à peine 2 ans que l’OPT envisage d’ériger le futur techno-pôle. Que tout le monde se rassure, en cas de pépin, aucun risque pour … Edwin « X » !  En effet, la vente s’effectue « sans aucune garantie de la part du vendeur quant à l’état du sol et du sous-sol » … ni même de la contenance du terrain !
Espérons que les experts qui examineront la qualité du remblai ne confondront pas eux aussi vents du Nord et vents du Sud…

·        Mais de plus, la consultation du Plan de Prévention des Risques (PPR) de zone de Hitia’a où est sis le terrain révèle qu’une bande d’au moins 30 mètres, depuis le bord de mer, est déclarée inconstructible …
Sur un terrain dont la largeur est en moyenne de 150 mètres, c’est donc 20% de la surface qui serait inexploitable, sauf à y mettre des terrains de beach-volley, ou de pétanque … En pratique, l’OPT va donc payer 487.175.000 f cfp pour 1,9ha exploitables … Soit près de 30.000 fCFP le m2 utile …

La main invisible du diable ? Impensable !

Alors, au vu de toutes ces perturbations, certains esprits chagrins insinuent qu’il y aurait un lien entre Edwin « X » et un élu ayant maille à partir avec la justice.

Je ne peux pas un seul instant imaginer, que cet élu et sa caravane judiciaire, prennent le risque de mettre ne serait-ce que le petit doigt dans ce bocal de fafaru. Nous les savons tous trop « respectueux » de la justice pour ça.

Non, en fait, et pour en revenir au fond du sujet, je crois qu’il s’agit là purement et simplement d’une démonstration supplémentaire d’incompétence de la part du gouvernement actuel, car, à l’évidence, si Hitia’a doit demain abriter la Silicon Valley polynésienne, le terrain « Puchon-Edwin X-Tararata » n’est vraiment pas la bonne solution.

Vallée Vaihi : pourquoi ne pas faire simple (et gratuit),
au lieu de faire cher (et compliqué) ?

Rautahi et Rautahi sont sur un bateau …

Imaginez un parti politique qui a en son sein, le PCA de l’OPT (Moana Blanchard), le ministre de l’économie numérique (Georges Puchon), et le ministre du foncier (Lionel Teihotu).

Pour employer un mot cher à Bouissou, on aurait pu imaginer qu’il existât entre eux une « synergie »…

Plus simplement, on pourrait croire qu’ils se concertent, qu’ils « causent entre eux » de temps à autre. Cela donnerait des dialogues simples du genre :

-         Salut Lionel, dis-moi, t’aurais pas en stock quelques hectares à Hitia’a ? C’est pour un techno-pôle.

-         Ben, euh, écoute Georges, si Moana peut me dire ce qu’il vous faut par rapport au projet, je vais demander à la DAF.

-         Oh, oui, bien-sûr Lionel, tu penses bien qu’à l’OPT on définit les besoins avant d’acheter le foncier …

Malheureusement, je pense que cette scène n’a jamais eu lieu, car sinon, un nom, un seul aurait du s’imposer comme une évidence : « Vaihi », du nom d’une vallée magnifique de Hitia’a …

Vaihi, tous les atouts d’une Silicon Valley polynésienne

Je sais que les journalistes sont fiu de la politique, alors, imaginez … 800 hectares, protégés des vrais vents dominants. 800 hectares verdoyants, en pente douce.

800 hectares jouxtant un collège magnifique.

800 hectares devant lesquels va littéralement passer Honotua, pour atteindre Papenoo.

800 hectares avec de la place pour un éventuel lotissement agricole, mais aussi des zones de trekking, et encore pleins d’hectares qui pourraient servir à édifier un techno-pôle.

Et bien, cela existe, c’est la vallée Vaihi, et vous savez-quoi ? C’est beaucoup, beaucoup moins cher au mètre carré que le remblai spéculatif de Pano’o aruru…

« Un franc est un franc », alors pourquoi gaspiller 500 millions ?

Car enfin, depuis le 15 avril, dans le catalogue de la Redoute des 225 points du programme de GTS, il y en a une qui revient tout le temps, d’ailleurs souvent dans la bouche d’individus dépensiers au possible … « Chaque denier public doit être géré avec efficacité ». Or, l’OPT est, jusqu’à preuve du contraire, un EPIC, un établissement PUBLIC. L’argent que dépense, pardon, qu’investit l’OPT, c’est donc bien de l’argent PUBLIC.

Et c’est là, qu’en plus de toutes les perturbations déjà énoncées, je me retrouve, aujourd’hui, devant vous, en totale rupture de ligne avec Puchon-Taratata-Edwin X. Car, mesdames, mesdemoiselles et messieurs de la Presse, figurez-vous que le mètre carré dans la vallée de Vaihi pourrait coûter ZERO f cfp ! Et pour cause, ces 800 hectares font déjà partie du DOMAINE de la Polynésie française…

En tant que citoyen et contribuable de Polynésie, je m’interroge. En tant qu’élu, je suis troublé. En tant qu’administrateur de l’OPT, je suis perturbé.

Et si j’étais un électeur de « To tatou ai’a », qui a cru aux belles promesses de GTS, j’aimerai qu’on m’explique pourquoi l’OPT va dépenser 500 millions, alors qu’une solution gratuite, sans controverse, et plus flexible existe.

Je vous remercie-donc d’avoir assisté à cette conférence de presse, et nous répondrons maintenant à vos questions, si vous en avez.

Par UDSP - Publié dans : Conf. Presse UDSP
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